Google : poison ou remède ?

Après avoir parlé d’Apple et Facebook il y a deux jours, il aurait été injuste de laisser de côté le troisième ogre mondial : Google. D’autant que le gourmand moteur de recherche est comme souvent très présent dans les médias anglophones.

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Crédit: glaak/Flickr/CC

Google est partout. Si bien que son absence – lorsque cela arrive – ne passe pas inaperçue. Le site d’information The Huffington Post remarque que le PDG de Google Eric Schmidt ne faisait pas partie de la prestigieuse liste d’invités au dîner d’Etat de Barack Obama avec le président chinois Hu Jintao hier. Il y avait pourtant à peu près tout le ghota, dont presque tous les PDG des firmes qui comptent. A bien y réfléchir, ce n’est pas vraiment étonnant. Google et la Chine ont connu pas mal de frictions ces dernières années, comme le rappelle The Huffington Post.

C’est ainsi, on est habitué à voir Google sur tous les fronts. Le mastodonte du web est d’ailleurs actuellement en procès en Espagne  avec l’agence de protection des données à caractère privé (AEPD). Estimant que le moteur de recherche américain empiétait sur la vie privée des internautes espagnoles, l’AEPD a ordonné à Google d’effacer de ses résultats de recherche les pages web affichant des informations erronées ou dépassées sur les individus. Google a porté l’action en justice, affirmant que cet ordre devrait plutôt être adressé aux sites en question et parlant même d’une forme de « censure ». Comme l’explique le site de la BBC, l’issue de ce procès d’envergure pourrait avoir des répercussions sur d’autres pays européens.

Google n’en est pas à son premier procès. Son omniprésence et ses grandes ambitions agacent, à l’image de son projet de bibliothèque numérique géante. Le moteur de recherche vient d’ailleurs d’étendre un peu plus son emprise mondial avec la conquête d’un nouveau marché : l’Iran. Comme l’explique le Los Angeles Times, la levée des restrictions par l’administration Obama concernant l’export de services web vers l’Iran permet à Google de proposer ses programmes Google Earth, Chrome ou encore Picasa. Carte satellite, navigateur web, logiciel photographique, boîte mail (gmail)… Google est depuis longtemps bien plus qu’un moteur de recherche. Mais tant qu’il n’aura pas conquis la Chine, où il reste loin derrière le moteur de recherche Baidu, son emprise ne sera pas totale.

En même temps, Google peut rendre de précieux services, la preuve sur le site du Time Magazine qui publie le point de vue instructif d’un certain docteur Meisel sur le fait que Google facilite la vie des patients et des médecins dans le diagnostique des maladies. En effet, il est fréquent que les patients, après avoir tapé leurs symptômes dans Google, arrivent en consultation avec une pile de documents imprimés sur le web. Cela peut agacer les médecins, d’autant qu’il est normal de s’interroger sur la fiabilité d’internet comme source de documentation sur les maladies.  Faux diagnostiques, conseils néfastes, forums de discussions qui poussent à dramatiser… Mais l’auteur de l’article explique comment internet peut rendre service dans le domaine médical, à condition que le patient l’utilise bien et ne tombe pas dans la « cyberphobie ».

Ça vaut le détour:

– « Obamacare » menacée ? Les républicains, requinqués par leur victoire aux élections de mi-mandat, se sont mis en tête de faire voter une loi pour contrer la loi de couverture santé d’Obama, votée en janvier 2010 et qui fut un des accomplissements majeurs du président en exercice. Cette loi « anti-obamacare » est déjà passée à la Chambre des représentants, et les républicains espèrent en faire de même au Sénat. Obama dispose d’un droit de veto en dernier recours. (Fox News)

– La Chine prépare la construction de deux nouveaux gratte-ciels prévus pour 2014 et 2015. La Shanghai Tower, du haut de ses 631 mètres, et le Greenland Center de Wuhan, à 609 mètres, seront les deuxième et troisième plus grandes tours du monde derrière le Burj Khalifa de Dubaï (plus de 820 mètres !). A lire sur Usa Today.

– L’actrice Anne Hathaway, aperçue récemment dans le très moyen Love et autres drogues, interprètera Catwoman dans le troisième épisode de Batman du réalisateur Christopher Nolan (Inception). Voir la vidéo de CBS News et la dépêche de Reuters.

– Il y a cinquante ans tout juste, John Fitzgerald Kennedy faisait son discours d’inauguration à la présidence des Etats-Unis. Il devenait le premier président américain catholique (le seul à ce jour) et le premier président américain né au XXème siècle. The Guardian a ressorti de ses archives sa couverture de l’évènement, avec plusieurs images de la version imprimée du journal de l’époque.

– A lire également : le brulôt d’un journaliste du magazine Newsweek contre la nouvelle saison de l’émission « American Idol » (l’équivalent de la « Nouvelle Star » chez nous). Au centre du viseur : Jennifer Lopez, membre du jury. (Newsweek)

Facebook et Apple dans l’actu

Pour notre première sélection d’articles du jour, Facebook et Apple s’imposent. Les deux géants font parler d’eux dans les colonnes des médias anglo-saxons pour des raisons bien différentes.

Steve Jobs et Mark Zuckerberg (Flickr)

Facebook :

– Le réseau social a soulevé l’inquiétude des internautes en changeant ses options de confidentialité. La firme de Mark Zuckerberg a annoncé que les sociétés qui développent des applications Facebook pourraient désormais avoir accès à l’adresse postale ainsi qu’au numéro de téléphone portable des utilisateurs de Facebook. L’information, révélée par le blog spécialisé Sophos, a été reprise par de nombreux médias sur le web, comme dans le Guardian ou encore le Los Angeles Times. Mais entre temps, il semblerait que Facebook ait fait machine arrière et enlevé cette option pour étouffer immédiatement la polémique.

– Par ailleurs, Facebook fait l’objet d’un très intéressant article sur le site du Daily Telegraph, qui avance que les jeunes de la « génération Facebook » sont en proie à des problèmes d’addiction à l’information et aux technologies comparables à l’accoutumance aux drogues ou au tabac.

Apple:

La pomme occupe une place importante dans les médias du jour à travers son PDG Steve Jobs, qui quitte temporairement son poste pour des raisons de santé (CBNC).  Ce n’est pas la première fois que Jobs, atteint d’un cancer du pancréas en 2004, prend un congé maladie, puisqu’il avait quitté son poste pendant six mois il y a deux ans pour subir une greffe de foie. Sa nouvelle absence laisse craindre une rechute. La chaîne Fox News pose la question dans une vidéo sur son site : cette absence de marque peut-elle faire du tort à la multinationale ?

Le président chinois aux Etats-Unis:

La grosse actu du jour, c’est tout de même la visite du président chinois Hu Jintao aux Etats-Unis. Les journaux américains se demandent si les deux superpuissances vont enfin trouver un terrain d’entente sur des dossiers importants, à l’image du Time magazine. Ce dernier avance d’ailleurs que l’énergie pourrait être un thème clé de la coopération entre les deux pays. Le magazine britannique The Economist explique que le président chinois a tout intérêt à jouer la carte de l’amitié avec les Etats-Unis sachant que le sentiment anti-américain a perdu de l’ampleur chez les citoyens chinois au cours de l’année écoulée.

La dictature à la chinoise est le « meilleur espoir » pour lutter contre le réchauffement climatique !

C’est ce qu’a affirmé en substance le climatologue de la NASA James Hansen, exaspéré de voir la lenteur des débats aux Etats-Unis, notamment au Sénat, pour mettre en place des mesures efficaces contre l’effet de serre. Hansen pense que la Chine, qui se soucie bien moins du processus démocratique, est plus à même de passer rapidement une loi permettant de sauver la planète. A lire sur le Washinton Times.

Les Etats-Unis, nation d’assassins :

A l’occasion du Martin Luther King Day, jour férié célébré chaque année le troisième lundi de janvier aux Etats-Unis en hommage au pasteur noir assassiné en 1968, l’hebdomadaire Newsweek publie sur son site internet une galerie photo des grands assassins de l’histoire des Etats-Unis. Depuis le XIXème siècle, les Etats-Unis ont engendré de nombreux assassins « politiques », qui s’en sont pris notamment à des présidents en exercice comme Abraham Lincoln ou John F. Kennedy.