Chômage: entre encouragements et désespoir

Pas très joyeux, le sujet du jour ! Mais la France n’est pas le seul pays confronté à un taux de chômage inquiétant (10%), bien au contraire. L’occasion de faire un tour des médias anglophones sur le sujet.

La situation actuelle

– Le chômage va se maintenir en 2011 dans le monde

Des chiffres publiés par l’ONU ce mardi projettent peu d’amélioration en 2011 en ce qui concerne le chômage dans le monde. Environ 205 millions de personnes étaient sans emploi en 2010, soit 27 millions de plus qu’il y a quatre ans. Ce chiffre devrait baisser de moins de 1% seulement cette année, pour porter à plus de 203 millions le nombre de chômeurs (AP via Huffington Post). Juan Somavia, le responsable de l’Organisation Internationale du Travail, explique dans le rapport que « nous payons toujours le prix humain de la récession ».

Même son de cloche du côté du FMI, qui affirme dans son nouveau rapport sur la croissance mondial que le taux de chômage va rester élevé, notamment aux États-Unis, malgré une légère hausse de la croissance. Selon les projections, les États-Unis vont connaître une croissance de 3% en 2011 – une amélioration par rapport aux 2,3% projetés dans le précédent rapport en octobre dernier – mais le chômage devrait plafonner à 9% fin 2011 et 8% fin 2012, alors qu’il n’était qu’à 5% il y a trois ans ! (AP via Los Angeles Times)

– Les Etats-Unis s’accrochent aux quelques signes d’encouragement

Dans ce contexte morose, chaque signe positif est souligné par les médias américains. Par exemple, le Washington Times relatait au début du mois une baisse du taux de chômage américain en décembre pour se porter à 9,4%, soit le meilleur taux depuis mai 2009 ! Une petite progression rendue possible par la création d’un million d’emplois en 2010. C’est le Washington Times toujours qui publiait jeudi dernier une dépêche d’AP à propos de la baisse des demandes d’allocations chômage aux Etats-Unis pour la semaine du 10 au 15 janvier (autour de 400 000 nouveaux demandeurs d’aide, 4 millions en tout), « preuve que les embauches vont augmenter cette année ».

Parallèlement, un article de Bloomberg présente des perspectives réjouissantes en termes d’emploi pour les entreprises américaines, les meilleures depuis plus d’une décennie. Une étude démontre que la reprise de la croissance et des ventes annonce des hausses d’effectifs et de frais d’équipement en 2011, dans un contexte général de renforcement du marché du travail.

– Mauvaise nouvelle en Grande-Bretagne

Contrairement aux estimations de légère hausse, le PIB de la Grande Bretagne a reculé de 0,5% au quatrième trimestre 2010. Une baisse qui « sera mise sur le compte de la neige en Décembre » selon The Economist. Le journal oppose deux portes de sortie pour les pays en difficulté : viser des améliorations à court terme ou se serrer la ceinture maintenant pour assurer le long terme tout en risquant l’impopularité électorale. Quoi qu’il en soit, ces chiffres n’augurent rien de bon pour le taux de chômage, qui est actuellement de 7,9%.

Profils de chômeurs

– Qui sont les chômeurs américains ?

Voici la question que pose USA Today dans un article publié aujourd’hui sur le profil des chômeurs américains, chiffres à l’appui. L’article présente les changements qu’implique pour certains la vie sans emploi (dégradation des relations familiales, problèmes de santé, changement de logement). Un peu de chair dans ce monde de chiffres… L’article évoque aussi le cas des « underemployed », ces gens qui travaillent à temps partiel sans l’avoir choisi.

– Les jeunes anglais très touchés

Cet article du Guardian qui figurait dans notre sélection du 19 janvier dresse un triste constat du chômage chez les jeunes en Angleterre. Le chômage des moins de 25 ans atteint des niveaux records, près d’un million de personnes soit 20% des jeunes. Pour illustrer cette triste réalité, The Guardian a recueilli des témoignages désabusés de jeunes sans emploi de Leeds. La récession est peut être terminée, mais le journal craint que les jeunes anglais d’aujourd’hui deviennent une « génération perdue ».

Analyses

– Le chômage n’est pas forcément le corollaire de la pauvreté

Le chômage est plus élevé aux États-Unis qu’au Sri Lanka, au Turkmenistan, en Ouganda ou encore en Bolivie. En effet, même si les Etats-Unis sont plus riches, le taux de chômage ne dépend pas du PIB par tête. Analyse du blog « business » du New York Times basée sur une étude de Gallup.

– Faire face au chômage structurel

Le taux de chômage est peut-être en légère baisse aux États-Unis, mais le mal est plus profond, analyse le Time Magazine : « C’est comme de dire qu’un patient en maintien artificiel des fonctions vitales va mieux parce qu’il ne perd pas de sang ». Le vrai problème, c’est le chômage structurel, alors que le plan présenté par Obama il y a deux ans n’a pas crée suffisamment d’emploi. Le Time explique comment y faire face.